
C’est en 1873 que le premier brevet pour l’impression photographique sur papier au platine fut accordé à William Willis qui le commercialisa sous le nom de « platinotype ». Les papiers au platine et au palladium devinrent très appréciés chez un grand nombre de photographes. Les papiers « platinotypes » furent très prisés par les photographes du mouvement pictorialiste ainsi que par les Photo-Sécessionnistes tels que ; Paul Strand, Clarence White et Alfred Stieglitz. En 1923, Edward Weston utilisa le palladiotype (papier au palladium), pour ses photographies du Mexique. Mon expérience avec la ziatypie m’a fait entrevoir les possibilités du palladium. D’une façon générale, mon intérêt pour ces techniques, réside dans le fait qu'il s'agit de tirage par contact. L’image n’est pas agrandie, elle ne subie aucune diffusion, elle reste parfaitement fidèle au négatif. Le palladium et peut-être plus encore le platine garanti une restitution quasi-parfaite des valeurs du négatif.
L’image au platine et au palladium offre une répartition de la gamme tonale plus étendue qu’en argentique. Ce qui la distingue parmi tous les autres procédés est l’infinie richesse de ses valeurs : les hautes lumières sont d’une délicatesse extrême, les basses lumières et les noirs ont une extraordinaire profondeur. L’image parfaitement mate et harmonieuse a une présence incomparable. C’est sans doute le procédé photographique qui visuellement se rapproche le plus de la gravure.
La stabilité du platinotype est remarquable et inégalable. L’image obtenue après développement et clarification est constituée de platine et (ou) de palladium métal, lesquels ne sont pas sujets à l’oxydation aérienne ni à l’influence de la lumière. Ces métaux précieux sont totalement inaltérables, tout comme l’or. Le platinotype est le seul procédé dont la durée de vie est supérieure à celle de son support papier. Il est nécessaire d’avoir un négatif de la taille exacte du tirage final car il s’agit de tirage par contact. Les meilleurs négatifs sont obtenus en utilisant une chambre photographique de grand format : 4x5, 13x18, 20x25 ou plus. J’utilise une chambre 20x25 Canham. Mes clichés sont réalisés sur les films argentiques HP5+, FP4+ et Bergger BPF 200. Il est cependant possible d’utiliser des négatifs 135 ou 120. Mais pour ces formats de films il faudra réaliser un nouveau négatif au format du tirage souhaité, soit par méthode argentique, soit par méthode numérique.
Le développement du négatif est une étape majeure pour obtenir un bon platinotype. Le négatif doit avoir une bonne séparation des détails dans les ombres et les hautes lumières. J’ai essayé plusieurs révélateurs ; D76, Rodinal, PMK. Depuis plusieurs années j’ai abandonné ces révélateurs pour ne plus employer que le Pyrocat HD. Plus pratique à utiliser que le PMK, il donne un grain aussi fin et peut-être même encore plus fin. Les résultats en termes de densité et contraste sont remarquables et parfaitement adaptés au platinotype et au palladiotype. Le papier que vous choisirez aura un effet spectaculaire sur l'image que vous obtiendrez. La texture, le contraste et la tonalité sont tous affectés par le papier. Les résultats médiocres sont obtenus avec des papiers ordinaires. Le papier 100 % pur chiffon est de loin le meilleur. La qualité du papier varie d’un fabricant à l’autre mais aussi d’un lot à l’autre. Pour des résultats cohérents, choisissez un négatif et utilisez-le comme votre norme. En utilisant un nouveau papier, faites un tirage avec ce négatif et comparez le aux épreuves précédentes que vous avez faites avec le même négatif. En utilisant cette technique, vous pouvez rapidement identifier la qualité du papier et évaluer la quantité de solution sensible nécessaire. Le papier qui a ma préférence pour mes épreuves au platine et au palladium est le Crane Cover 250grs 100% coton.
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